vendredi 10 juin 2011

Joli mois de mai

Candidat- Que jouons nous ?
Bistro- La cervelle du Populo !

LA PRESSE…À L’HONNEUR

La Foule, ce « crocodile », disait Auguste Blanqui, s’est régalée tout au long de ce festif mois de mai. La horde des papimanes, venue en troupeau à Rome agglutinée,  agenouillée devant le mandaté divin béatifiant béatement son prédécesseur, a su s’humilier, chanter en chœur la mélopée de Blaise Pascal : « Le Moi est haïssable ».

Et puis ce fut un mariage royal anglo-saxon ; La cohorte des idolâtres royaux, en souvenir ému de ses ancêtres transportés d’aise à la vue d’une tête royale coupée avec foi, a applaudi sans ménagement aux épousailles d’une roturière avec un Prince, devant le Palais des souverains de la douce Albion.

Enfin ce fut les aventures domestiques du petit « Sardanapale » des temps moderne, ce roi des finances mondiales, obsédé, dit-il, par l’argent, les femmes et la judéité, et qui, comme son ancêtre, roi de Perse, débauché et cruel, finit mal.

Jamais  un tel florilège de festivités mal famées ne s’était succédé en un si court temps. Journaux, télévisions, radios s’en sont donnés à cœur joie. Ces journées bénites ont été, pour la Presse, une véritable apothéose. Les  exercices de style, les commentaires imagés, copiés et ressassés en boucle furent à la hauteur.

Des milliers de journalistes, du Monde entier, tels des fauves affamés dont les maîtres avaient détaché la laisse, se sont rués sur le grand torero argenté et blessé, pour en décortiquer les entrailles.

Braves bêtes…Un Saint Pape, Un futur Roi et sa fille du Peuple. Un graveleux et gigantesque fait divers à se mettre sous la dent ! C’est pas tous les jours fête ! Ce sont leurs propriétaires qui vont saliver. Donner à la foule déjà décervelée, un brouet de soumission, d’admiration veule au Sabre et au Goupillon, de bassesse, de vulgarité, de lamentos, de frissons lubriques devant le fil de ferriste qui va tomber…..Un vrai et réconfortant labeur médiatique !   

Comme dirait Zo d’Axa, auteur journaliste de « L’En Dehors » : « On ne raisonne pas, on trotte, on suit la mode. On se laisse toujours conduire, influencer. Et comme tout le monde on agit, c'est commode, puis ça ne donne pas la peine de penser... » Zo d'Axa Extrait de "bêtes sacrées"

Mais enfin, protesteront les bonnes âmes, que faites vous de la liberté d’expression ? Même s’ils ne pensent pas, ces agents d’expression, ils nous montrent des images, ils parlent d’or en radotant, ils « plumitivent ». .. ils font comme tout le monde.
...
Cette liturgie uniforme et dérisoire du spectacle médiatique ressemble au rite processionnaire des édifices de la superstition , de la dévotion au Maître. N’est-ce point de l'aveuglement de la pensée, de l'entraînement routinier, de l'indifférence du demi sommeil ?

L'audimat, le sondage, l’enquête d’opinion, le commentaire des experts officiels enregistrent la régularité conventionnelle de la «pratique».

« Croire ou penser, …il faut choisir »


Sans pensée propre à l’individu, que signifie une liberté d’expression ? Stirner répond : « Donnée ou octroyée, la liberté est un vain mot. » « ... je ne peux avoir plus de liberté que je ne m'en procure grâce à ma particularité... » (L’Unique et sa propriété. « L’Age d’Homme. Lausanne. P.219)
« … Que sert-il aux moutons que nul ne restreigne leur liberté de parole ?... ils ne feront jamais que bêler. Donnez à un croyant, qu'il soit musulman, juif ou chrétien, la permission de dire ce qu'il voudra. Il n'aura jamais que des niaiseries bornées à raconter... » (L’Unique…P219)

La Presse a-t-elle pour rôle de stimuler les passions de celui auquel elle s’adresse, d’encourager sa crédulité, d’étouffer le doute au profit de l’ « absolu », de mettre en branle en chacun de nous les « affects », mélange d’émotions, de pulsions de vie mais aussi de mort ?

C’est Victor Hugo qui mettait en garde : « Un vieil instinct humain mène à la turpitude. » Cet instinct, est-ce à la Presse à l’encourager ou à le combattre ?




« L’Ecole du Scandale »

« Personne ne peut atteindre tout à fait à la vulgarité des gens super raffinés. »
(Mark Twain)


En 1951, dans la revue Caliban, Camus jugeait sévèrement les journalistes et les intellectuels, professionnels du « scandale et de la délation ». Il évoquait avec douleur la trahison des élites responsables de la mort des sociétés. Cette mort, due à la bêtise et à la vulgarité de ceux qui s’arrogent le droit d’imposer un pouvoir qui n’est que celui délégué par d’autres et qui sont confortés dans leurs actions par une presse composée de « journalistes policiers ». C’est vers une sorte d’esclavage, de servitude qu’une « presse déshonorée » conduit la société.

Quant aux « élites » dont parle Camus, elles montrent, en mai 2011, leur capacité à remporter la victoire dans le grand concours du « scandale et de la délation ». Un propriétaire du journal « Le Monde » traite d’ « immonde » un article de son journal, sous prétexte qu’il contient une critique d’un ancien président de la république, ami dudit propriétaire. Et il ajoute : « Payer sans avoir de pouvoir est une drôle de formule… ». Son acolyte, également actionnaire du même journal déclare que lorsqu’un journal  « l’emmerde » (sic), il en achète une part.  Enfin, toujours en ce joli mois de mai, l’ancien président du Conseil de surveillance du même journal (de référence) et qui « conseille » l’actuel président de la république, s’en prend à un député, auteur d’une brochure critique à l’endroit de l’Europe et de la mondialisation, il qualifie les propos de l’auteur de « débilités » et le classe dans la catégorie des « connards anti européens » (sic).  Enfin, pour ne pas être en reste en matière de délation, un philosophe, ancien ministre de l’éducation, dénonce, sur une chaîne de télévision, les débauches d’un de ses prédécesseurs, ministre également, tout en dissimulant son nom et celui de son informateur, lui aussi « au sommet de l’Etat ».

On voit qu’aucune des conclusions de Camus sur ce qu’est la presse et ce que sont les «élites », journalistes, écrivains ou philosophes, sur ce que sont devenus les média massifiés, uniformisés, concentrés et exprimant indistinctement la bêtise, le scandale et la délation n’est à modifier.

Les journalistes de 2011 sont toujours prêts à toutes les compromissions pour l’argent ou la notoriété. Ils sont au-delà même de la notion de  compromision  puisqu’ils sont les serviteurs des puissantes, des « conquérants », disait Camus, dans le journal « La Gauche » 20.12.1948. Le conquérant nie l’existence de « l’autre ». Ce qu’il cherche, « ce n’est pas l’unité qui est avant tout l’harmonie des contraires, c’est la totalité qui est l’écrasement des différences… ».

Cette vision pessimiste de Camus, craignant une forme de renoncement, d’abandon, de soumission à un maître, venait en contre point à son appétit pour le combat pour la justice et l’autonomie, la force, la personnalité de l’individu. Pour lui, « la révolte, c’est la vie ».

jeudi 21 avril 2011

Départ à Radio Libertaire

DEPART à Radio Libertaire.

Un de nos collègues de travail, réalisateur depuis plus de 15 ans de deux émissions sur notre radio, vient de quitter notre équipe.

Nous ne pouvons rester indifférents à un ce qui pourrait ressembler au départ forcé d’un salarié. Nous sommes tous, inscrits ou non à la FA, des volontaires non rémunérés, pour construire et développer ensemble, au mieux de nos moyens, cette radio, voix de l’Anarchie. Nous pouvons, chacun d’entre nous, être touchés par une telle mesure inopinée, et sans recours possible.

Les effets de ce départ ne concernent pas seulement un de nos collègues, mais provoquent la suppression de deux émissions, l’une sur le pourquoi d’une radio « Sans Dieu », l’autre sur l’histoire des « fédérés » de la Commune de Paris qui, en 1871 ont tentés, quelques semaines, de mettre en pratique les valeurs que notre radio s’essaye à défendre aujourd’hui. Ces suppressions sont d’autant plus dommageables, dans la période actuelle, que deux évènements importants et nous concernant directement, sont sur la place publique en ce printemps 2011. Le premier a trait, sous le faux nom de laïcité et le prétexte d’une chasse aux immigrés, à la religion  musulmane en l’espèce. Mais pour notre Radio  « sans Dieu »  ce devrait être l’occasion de faire œuvre pédagogique en ce domaine. Or, la seule émission sur ce thème fondamental est celle qui vient de disparaitre.
 Le second événement nous concernant tout aussi directement est la commémoration de « La Commune de Paris » de1871, que les autorités officielles célèbrent, s’apitoyant sur les massacres de milliers de parisiens commis par Adolphe Thiers, le « Sarkozy » de l’époque, sans bien entendu, souligner la portée historique, pour cette tentative anarchiste, d’un début d’organisation sociale fondée sur l’autogestion, la solidarité et la justice.  Or, là encore, la seule émission apte à traiter ce sujet en profondeur, « Les Partageux » de la Commune » n’a plus de réalisateur. 

Les raisons de cette situation sont confuses. Elles n’ont pas été explicitées. Le problème semble, pour l’essentiel, se résumer à un différent sur des propos critiques visant des collègues chargés, cette année, de la gestion pratique de l’outil radio et à une « non présence » à une convocation pour explications.

Un tel différent, né, pour l’essentiel, de la susceptibilité des parties en présence aurait pu, en milieu libertaire, se régler autrement. La priorité doit être donnée au contenu de la radio et non à la solution de litiges personnels. Un « mauvais garçon qui a des façons pas très catholiques », un bougre qui ne « suit pas le même chemin que les braves gens », comme dirait Brassens, peut être un excellent réalisateur dans une radio dite « libertaire ».

Nous sommes tous non salariés de la Radio, et, de ce fait, nous ne disposons pas de délégués du personnel, de délégués syndicaux, nous ne pouvons saisir les Conseils de Prudhommes. Est ce pour autant que cela puisse rendre notre situation de producteurs d’émission aussi précaire ?

1     Sur la liberté d’expression.

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous ayez la possibilité de le dire » : D’une façon générale notre modèle de relations n’est pas d’imposer le silence. On discute, on débat, on cherche un terrain d’entente, surtout si l’on combat la « Hiérarchie », le Pouvoir, mais aussi le principe du contrat salarial évidemment « léonin ». Notre Radio a organisé brillamment, il y a seulement quelques mois, un grand colloque sur la « Liberté d’expression ». Lui est-il impossible de mettre en pratique, pour elle même et son fonctionnement interne, ce qu’elle préconise pour les autres ?

2 Sur le rôle des chargés de la gestion courante de la Radio.

Chaque année, et pour une année, quelques collègues fédérés de notre organisation reçoivent, à leur demande, un « Mandat », une mission, celle, notamment,  d’assurer le fonctionnement régulier de la Radio. Ce « mandat » ne leur confie aucun « pouvoir personnel ». Ils ne sont que des exécutants de tâches que leurs « mandants » leur ont confiés. Lorsque ces tâches n’ont pas été précisément définies, ils doivent s’assurer, avant de les entreprendre, qu’elles  correspondent à la volonté de ceux qui leur ont confié leur mission. C’est ce qu’on désigne, en jargon juridique, un « mandat impératif ».  L’opposé d’un tel mandat est le mandat reçu par un député, un sénateur, un maire et qui lui permet de faire ce qu’il veut, pendant la période de son mandat, sans avoir à tenir compte des demandes de ses électeurs, y compris s’il agit en totale contradiction avec les promesses qu’il leur a faites. 

2     Conclusion :
Le départ impromptu de notre collègue me paraît donc, en l’état actuel, dommageable. Je pense ne pas être le seul à le penser. Les conséquences sont bien évidemment  graves pour notre Radio. La disparition de deux émissions dont le contenu étayait notre particularité de Radio anarchiste laissera des traces. Il est peu vraisemblable, malheureusement qu’on puisse faire revenir notre collègue dans nos rangs. Ce qui paraît encore plus grave, c’est que ce triste épisode qui touche notre Radio  ne peut améliorer l’image que nos auditeurs et nos amis ont de nous.

Avril 2011  Jacques. Emission « Chronique Hebdo ». Groupe « La Vache Folle ».



vendredi 1 avril 2011

NAISSANCE


F.L.A.C.   Fédération libertaire anarcho-communaliste


Communiqué  N°1: Crée ce jour, la FLAC jeune et dynamique pousse anar, prend le relais de la célèbre FA, douloureusement affaiblie par de trop longues années de souffrances morales et institutionnelles .

Compagnes et compagnons, soyons clairs : il ne s’agit pas de noyer le poisson, mais plutôt de mettre la tête hors de l’eau ; Nous avons suffisamment peinés à sortir du marigot. Il nous faut tremper aujourd’hui, nos armes dans une eau forte et rénovée.

Notre esquif doit retrouver la bonne direction, ne pas perdre le nord ni le sens de nos valeurs. De vaillants moussaillons sont prêts à prendre la relève, soulageant ainsi, avec générosité, nos vieux rameurs, briscards mandatés aux plus dures manœuvres , toujours sur le pont, mutilés avant  l’âge par les éléments déchainés et quelques rixes d’un équipage à la dérive.


Nous saurons aussi, au cours de nos pérégrinations, tenir le cap,  éviter les écueils et établir avec soin et sérénité notre journal de bord, guidés en cela par notre radio repérage, libre et ouvertes à tous les courants des océans de justice, si opposés qu’ils se trouvent. Enfin notre capitainerie communale sera le lieu de nos escales joyeuses, de nos rencontres , de la narration de nos aventures , en un mot le lieu magique de notre sérieux et intelligent compagnonnage.

Alors, bonne route, compagnes et compagnons, et longue vie à notre FLAC.

Vive l’Anarchie.

lundi 7 février 2011

Le nouveau Chronique hebdo est arrivé !





Le nouveau Chronique hebdo est arrivé !




Un Travail d'Hercule !                                                           


On se prépare

Chaque semaine, les soutiers des ondes libertaires, les disséqueurs d’infos, les chroniqueurs hebdos passent des heures à dépouiller l’actualité. Au crible de leurs cellules grises, ils tamisent les nouvelles, ils décortiquent les articles de journaux, ils s’astreignent à visionner le tapis incolore des images arrangées et souvent mensongères des télés. Le bruit monocorde des radios sans âme les tient agrippés, pour mieux réagir, à leurs tables d’écoute. Et puis, joyeusement, ils consacrent de longues heures à la préparation, à la mise en forme de leur émission de la semaine.

Les « artistes » modestes et joyeux

Mais enfin, direz vous, pourquoi tant de zèle ? Se mettraient-ils à sacraliser le travail, le dur labeur contraint dévolu à un chef terrestre ou divin. Joueraient ils les petits maîtres pour embrigader les foules, pour pratiquer ce que Camus appelait « l’Autorité d’Entrainement » ? Vous connaissez la réponse. Ils sont libres, libertaires, curieux, ils aiment prendre plaisir à ce qu’ils ont décidé de faire. Pour eux, pleins d’ambition, se faisant la grosse tète, amoureux de l’excellence, pourfendeurs de la médiocrité, cette émission est leur « œuvre d’art ». Mais pas pour eux tous seuls. Pour ceux qui les écoutent, dont ils ont eu la prétention d’éveiller la curiosité, l’esprit critique, de stimuler leur personnalité et leur volonté. Et, plus modestement, ils savent qu’ils participent de cette longue et pacifique guerre de trente ans (Radio Libertaire est né « officiellement » en 1981), pour la libération des têtes et des bras, pour l’émancipation et le combat individuel et collectif, pour la liberté et la justice sociale.

Expliquer l’Anarchie, c’est quoi ?..

Dans ce combat collectif, fondé sur la libre association et le contrat, les armes défensives sont la participation à la défense des victimes de l’injustice, à la manifestation, le rassemblement contre la violence du Pouvoir. Les armes offensives sont celles qui justifient l’action. L’échec de la révolution de 1848, disait Proudhon, était du à l’absence d’ « idée ». Aucune projet réfléchi, élaboré provisoirement, aucune prospective pour l’avenir n’étayait, ne soutenait l’action révolutionnaire. Elle n’était que le fruit de la colère contre l’injustice. Aujourd’hui, cette remarque est toujours valable. Quels outils avons nous pour faire connaître nos idées nos propositions, les valeurs de l’anarchie ?: en l’occurrence la librairie, le journal, la radio. Et ces « armes », l’Etat au service du privilège et de l’injustice, tente chaque jour de nous les arracher. La diffusion du Monde Libertaire est volontairement paralysée, les modestes librairies comme Publico sont étouffées par la concentration des outils d’édition et de distribution du livre. Dans cette bataille, la radio, qui tient le coup depuis trente ans, a un rôle essentiel.  Par la permanence de ses émissions d’actualité, d’histoire, de créativité, de réflexions anarchistes, elle peut propager nos valeurs et apporter des lecteurs et des acheteurs à notre journal et notre librairie. Au besoin, ce genre d’émissions devraient être rediffusées le plus souvent possible. Des tentatives de cette nature ont été faites, malheureusement étouffées dans l’œuf. Il serait intelligent donc de les reprendre.

De bon matin, l’aventure…

Enfin, c’est le grand jour. Le jour est encore perdu dans la brume de la nuit, qu’ils se lèvent ; « Il est 6 heures, Paris s’éveille », leur chante  leur mémoire sonore, sonnés qu’ils sont devant le réveil matin, tentant de retrouver leurs esprits grâce à la froidure de l’eau sur le visage et la chaleur d’un café express.

Alors vient le grand départ, le beau voyage vers le studio. La Lune est là, moqueuse, illuminée ou cachée par le nuage, la pluie ou la neige.  A 7h30 après une journée de neige et une nuit glaciale, les centaines de mètres qui séparent la bouche de métro du studio deviennent une aventure plus que risquée. L’aventure est au coin de la rue…on aime.

Le studio nous tend les bras. La table de travail aussi. C’est l’heure des braves. 8 heures ! On se jette à l’eau.
Les radios radoteuses, les radios formatées « Voix de Son Maître » n’ont qu’à bien se tenir. Radio Libertaire leur a volé leur audience. C’est la reprise au tas, la propagande par le fait. Et nous, on se la joue triomphant, depuis le temps qu’on le préparait notre nouveau son de cloche.

Ciel !...On nous écoute !

Et voilà les premiers coups de fil, les réactions de ceux qui nous écoutent. Et on nous écoute de partout de près, le plus souvent, de loin quand on a la chance d’avoir pu s’offrir Internet. Faudrait voir à voir et pas se laisser domestiquer par ces « technologies nouvelles » qui ont un séduisant endroit et un sinistre revers caché.

Ah ! ces auditeurs du matin…des stimulants qui nous commentent, nous contredisent, des « réchauffeurs » de neurones. Ils s’étonnent même qu’on ait réussi à faire lever nos invités si tôt. Parce que, nous avons des invités. C’est même cette idée qui nous a fait bousculer nos vieilles habitudes. On allait lancer « Chronique Hebdo » dès potron-minet. Mais pas tous seuls. Rien de tel qu’une amicale compagnie pour commencer la journée à exciter son sens critique et à éclairer quelques esprits curieux.

Les Invités ont la parole…

Déjà, depuis un trimestre, 16 émissions « L’Invité de Chronique Hebdo ». Et non seulement on les fait venir à l’aube, nos chers invités, mais on leur demande de choisir le thème de leur intervention, en rapport avec l’actualité, bien sûr. Si vous êtes un fervent auditeur de RL et de Chronique Hebdo, vous ne serez pas surpris par les sujets abordés. Exemples : les « accapareurs » de la richesse, les « colonisateurs » des Villes, les « fabricants » du consentement et de la soumission, les « destructeurs »  de l’environnement, les « Tours de Babel » de la démesure capitaliste et en contre point l’histoire de « La Commune de Paris », celle de Radio Libertaire, les « Observatoires critiques des Médias », les résistances à la « modernité régressive », aux « fêtes commémoratives » des guerres. Et sans oublier des rappels aux poètes, aux cinéastes, aux écrivains du temps passé ou présent.

Et puis après ?...

Vous savez tout, ou presque. La fête continuera en 2011. Dès février, nos invités seront quelques uns des intervenants au dernier colloque de la Société Proudhon. Les sujets abordés seront d’une actualité surprenante :  la spoliation, au profit d’une classe dominante, privilégiée, de la richesse produite par les « producteurs » réels de cette richesse et la nécessité de trouver un nouveau modèle de relations économiques et sociales fondé, non plus sur la hiérarchie et l’autorité du puissant mais sur des rapports équilibrés et égalitaires entre les parties prenantes ;  c’est le projet mutualiste, la Mutualité, dont des prémices ont existé à la fin du 19 ème et au début du 20 ème siècle. , en France notamment.  Mais, arriver à faire disparaître ou même à atténuer la domination capitaliste fut une autre affaire. L’adjectif « mutuel » est même devenu, aujourd’hui un logo publicitaire capitaliste. Un autre thème, fondamental, est celui de la vie en commun, de la sociabilité, de l’attention porté à l’autre, du respect de la personne, de la fabrication d’un « collectif » fait d’individualités autonomes et fortes. Le combat permanent qui est inhérent à la vie des sociétés et qui est fait d’affrontement d’idées, de conflits d’intérêt, de multiples  polémiques ne doit pas déboucher sur l’élimination, l’exploitation, l’humiliation. Proudhon a été lui même un combattant mais aussi un prisonnier, un exilé très affecté par l’isolement et l’éloignement de ses compagnons de lutte. Cet attachement passionné à l’individu (dignité) et au lien social (solidarité, égalité), s’illustrait, au plan personnel, par le nombre de ses amis et son « hymne » à l’Amitié. 

 Vous comprendrez, ainsi, que, si nous poursuivons sans relâche notre « travail d’Hercule », le moteur est le « Père de l’Anarchie », notre ami Pierre Joseph qui  a contribué largement à lancer cette aventure d’un combat sans trêve ni butoir, pour la Justice.

(1)   « Chronique Hebdo », émission  tous les jeudis (8- 11heures) sur Radio Libertaire. 89,4.
Le 7 janvier 2011  AZ


lundi 6 décembre 2010

LA FUITE

Acré, v'là le vieux !

LA FUITE, OUI QUI LIXE ?  
IL N’Y A QUE LA VÉRITÉ QUI BLESSE !


Nom de Dieu…mais alors, il n’y a plus de cachotteries… N’importe qui peut parler… Si je comprends bien, ces "président, ministre, diplomate " ont perdu le monopole de la "vérité" …Plus de « Paroles d’Evangile »…plus de « vérités » officielles, plus de catéchisme à répéter à l’aveugle, sans rien comprendre…

 Les voilà tombés de leur piédestal, ces arrogants personnages. Les voilà rabaissés au rang du vulgum pecus, assimilés à de simples « quidam ». Et ils se sont, sauf les plus futés, étranglés de rage. L’ancien ministre des affaires étrangères, un certain Védrine s’étouffe, à la Télé, en parlant de «dictature de la transparence». Le minisre «social-sarkozyste»  Besson, faute d’étrangers à expulser, veut interdire le réseau Internet wikileaks.


La secrétaire d’Etat des Etats Unis, Hilary Clinton présente ses excuses, tête basse, à la Télé américaine., après la « fuite » ! Une vraie figure d’enterrement… Obama lui même parle de comportements irresponsables.  Et pourtant, une petite fuite dans les tuyaux diplomatiques US, c’est plutôt drôle… Plus de secrets à la Maison Blanche…On sait tout. Et les petits voyous de journalistes qui ont mis les pieds dans le plat, les voilà assimilés à des « criminels », des « saboteurs » de relations internationales,  pourquoi pas des  terroristes…

Sans compter que le seul responsable de cette débâcle des grands chefs, n’est autre que l’Armée des USA. En effet un jeune militaire US, victime, du fait de son homosexualité, des moqueries et outrages de ses compagnons guerriers du Pentagone, a voulu tout naturellement prendre sa revanche en transmettant des milliers de documents informatiques à Wikileaks.

Décidément, on savait depuis belle lurette que le pouvoir détruit la raison, efface toute trace d’humour, rend hargneux. Quant à envisager de déclencher une guerre anti terroriste contre la simple expression de la vérité, contre la rigoureuse reproduction des propres « vérités » de ses diplomates, cela peut paraître excessif.

Parce qu’enfin, si cette affaire est grotesque, elle n’a rien de surprenant. D’abord, un « Diplomate », c’est quoi ? Un politicien madré, un entremetteur, un « monsieur bons offices », un finaud, un futé, un machiavélique, un roublard, un rusé, un vieux routier.  Au bénéfice du Prince, il fait bonne figure, il prêche le faux pour savoir le vrai, il espionne, il dissimule. Il ment. Personne n’est dupe, ni les chefs d’Etat ni leurs valets, de la comédie des embrassades, des promesses ou des menaces échangées.

Un Prince d’Arabie embrasse un jour, un Dictateur Perse, pour sans délai demander à un Président US d’empêcher de nuire, voire d’éliminer, ce même dictateur : Faire bonne figure à celui qu’on souhaite faire disparaitre  ne surprend personne sauf ceux qui ont l’illusion qu’un sbire d’Etat a une morale. 

Ce qui apparaît plutôt, dans cette affaire, c’est que la liberté d’expression, dans ces Etats Unis qui prétendent la respecter très généreusement, se trouve être ramenée, si l’on peut dire, à sa « plus simple expression ». Vous pouvez tout dire…mais ne pas répéter ce que je dis.

 Il est vrai que la divulgation du comportement des agents du Pouvoir, diplomates, magistrats chargés de l’anti terrorisme et bien d’autres, si elle en surprend certains, ne fait que conforter le jugement du plus grand nombre . Et que notre cher chanoine du Latran soit épinglé aux Amériques comme un « empereur tout nu », « susceptible et autoritaire » ne nous révèle rien que nous ne sachions déjà.

Ce déballage de 250.000 documents Internet n’est qu’un spectacle, de l’information spectacle. Mise en scène avec cinq « grands » quotidiens d’Europe et d’Amérique,  elle n’est qu’un scoop, un « buzz », un divertissement, une sorte de « jeu du cirque ». Cette « transparence », c’est à dire la représentation des « apparences » de la réalité, et non la réalité elle même, n’est qu’un divertissement, un détournement de l’attention et du jugement. Car la réalité, l’actualité de la tragédie universelle n’est pas, pour l’essentiel, dans les pitreries de ces porte flingues du capitalisme mondial.

Si seulement cette aventure pouvait simplement ouvrir les yeux sur les comportements de ceux à qui, trop aveuglément, nous avons confié un pouvoir, ce serait déjà bien. Et, qui sait, si cette « désacralisation » des puissants, cette dégringolade de leur petit trône, ne réveillera pas notre vigilance, notre résistance à leurs prétentions, notre combat pour une autre forme de relations entre les individus et les peuples

Décembre 2010  AZ





De la Charité

`De la CHARITE

Nous disposons, depuis des années d’un spectacle glorificateur de la Charité. Sur tous les journaux, sur toutes les chaines de télévision, sur les affiches publicitaires, les appels à ce qu’on appelle « votre générosité » envahissent nos cerveaux, provoquent nos émotions pour que notre compassion envers les malades ou les pauvres, se traduisent par des dons, à peine de courir le risque de se sentir coupables. 

Cette mise en scène régulière des désordres sociaux que constituent l’impossibilité pour nombre d’entre nous de se soigner ou simplement de vivre, est le fait des administrations de l’Etat et des modernes « Bureaux de Bienfaisance ».

Le « Téléthon », le « Sidaction », tous ces appels, mis en spectacle, à la charité publique ont deux objectifs qui sont sans rapport avec celui, officiel, de se préoccuper de soulager la misère. Ces deux objectifs sont, d’une part de faire passer la responsabilité de l’Etat, de la Collectivité publique sur chacun d’entre nous, d’autre part, et dans le prolongement de la manœuvre précédente, en nous culpabilisant, de paralyser le jugement de ceux qui « donnent » et de maintenir l’injustice du statu quo en poussant à la résignation ceux qui reçoivent.

Il n’y a qu’à constater les réactions que cette dénonciation de la charité entraine pour s’effrayer d’avoir à persévérer dans cette critique radicale. Comment des gens sensibles à toutes ces misères peuvent-ils comprendre cette critique de la charité. Nos fondamentaux judéo chrétiens, notre vieille culture religieuse, basées sur  la valorisation de la pauvreté, paralysent notre jugement. L’Eternel a dit : Bienheureux les pauvres , les pauvres d’esprit ». La compassion pour le pauvre, la nécessité pour chacun de lui faire la charité est à la fois la certitude  qu’elle pourra durer pour permettre au « bienfaiteur » de racheter ses péchés et lui donner bonne conscience.  La pauvreté doit perdurer jusqu’à la fin des temps puisqu’elle est le chemin vers le bonheur céleste. Alors, si vous la récusez, y a plus rien, disait une auditrice de Radio Libertaire. Et comment pouvez vous tirer dans les pattes de ceux qui font quelque chose.

Et il est vrai que cette critique de la charité, y compris quand, « bien ordonnée, elle commence par soi même », peut être prise pour une marque de mépris, d’indifférence à l’« autre », à celui qui est la « victime ». Il ne s’agit pourtant pas de refuser de l’aide à celui qui en a besoin.  Lorsque je donne à celui qui est dans la détresse de quoi manger, se vêtir, s’abriter, je tente d’éviter d’analyser le sens de cette « bonne action ». Et si j’y repense, si je me sens un peu mal à l’aise après ce « beau » geste, je peux essayer de comprendre ce qu’il signifie, au delà du simple fait que j’ai provisoirement « dépanné un ou plusieurs pauvres. Ce dépannage n’est il pas une façon de ne pas me poser la question de l’origine de cette misère et des raisons pour les quelles la collectivité dont je fais partie a été incapable de trouver, en tant que collectivité, le moyen de prévenir ou de faire disparaître ce qu’il faut bien appeler une injustice.  Ainsi, moi, je peux donner, et l’autre ne peut que recevoir ! Peut on, alors, parler de générosité, de solidarité entre deux personnes dont l’un est le privilégié, l’autre le « débiteur » obligé ? Et ce débiteur, n’est il pas victime, en plus de ses souffrances, d’un certain désintérêt, voire d’une sorte de mépris de ma part ? Si je prends conscience de cette situation déplaisante pour moi, comment y remédier ?

Le « Père de l’Anarchie » prétendait que la Justice, la Morale, ce n’est pas de confier à une Autorité quelconque , le plus souvent dépendante d’un Etat ou d’une Divinité, le soin de distribuer des punitions ou des bénédictions. La justice, c’est le respect de la dignité de chacun par chacun et cette dignité doit être défendue généreusement, sans restriction, et quelque soit le combat à mener pour y parvenir. Or, dans le cas qui nous occupe, c’est bien la dignité de celui qui souffre qui  est atteinte par l’injustice que « ma » collectivité », l’Etat, en l’espèce, lui fait subir.

Le combat contre l’organisation et la pérennisation de la pauvreté est d’autant plus important que, sans lui, sans une large explication de ce qui le justifie, la simple « aide charitable » est un mode efficace de tenir en laisse ceux qui en bénéficient. Elle est depuis la nuit des temps le moyen, pour les pouvoirs de toute espèce, de freiner la résistance à l’injustice, de réduire toute velléité de révolte, de prêcher la résignation, de considérer la pauvreté comme un phénomène naturel et fatal.

Lorsqu’on examine les gigantesques proportions qu’ont pu prendre, depuis un siècle, cette « Organisation Charitable », on ne peut qu’être effaré de l’étendue des méfaits de ce que l’on pourrait appeler, par référence à Pierre Joseph, une « Philosophie de la Misère ». Nous sommes loin des « Bureaux de Bienfaisance » de l’époque de Napoléon trois. Le but est identique, faire taire les pauvres, organiser la pauvreté au mieux. Mais aujourd’hui la « démesure », la croissance, la compétitivité, la stratégie commerciale sont là. Outre la corruption, inhérente au système capitaliste  (exemple La Ligue contre le Cancer), les rivalités entre organismes de charité, (exemple le  patron du « Sidaction » se plaint de celui du « Téléthon » qui lui mange la laine sur le dos), tous les organismes mondiaux de charité non gouvernementale, subventionnés par les pouvoirs d’Etat, se font concurrence en usant de tous les moyens de propagande ou de contre propagande.

Alors, dans ce discours anti charitable, il ne s’agit pas de porter un jugement sur le fait individuel de porter secours à celui qui est dans la détresse. Au contraire, il s’agit de mettre en relief un contre sens : en croyant contribuer à la réduire on installe la pauvreté.  En participant à cette sinistre croisade des puissants et des privilégiés pour conserver le fruit de leur injustice, de leur absence de respect des individus, on renonce à la Justice, on favorise le maintien et le développement de toutes les iniquités de la Société.

mardi 10 août 2010

ANARCHIE ET UTOPIE

ANARCHIE ET UTOPIE



1 , « Manière de Voir », le supplément du « Monde Diplomatique » vient , en juillet 2010 de reprendre une partie d’une séries d’articles parus dans le numéro du mois d'août 2006 du même mensuel, sous le titre "dernières nouvelles de l'Utopie" et le sous titre "Quelle société future ?" met en scène quelques personnages connus ou inconnus qui se réclament "de la tradition libertaire au sens large" (sic), voire de l'Anarchie.
Il m'a paru intéressant à cette occasion de rapprocher ces deux concepts, deux idées un peu rapidement associées et de rechercher ce qu'elles signifient. Il apparaît en effet très souvent que lorsqu'on parle d'Utopie ou d'Anarchie des interprétations souvent diverses et même opposées s'affrontent. Car ce rapprochement entre les termes Utopies et Anarchie continue malheureusement d'imprégner les consciences, illustrant ainsi un conservatisme peureux ou agressif.

L’une des formules habituelles utilisées pour minimiser , banaliser ou ridiculiser la pensée, la philosophie, la morale anarchiste est celle ci : "Il y a , au fond, autant d'anarchies que d'anarchistes"

S’il s’agissait de souligner l’immense portée de l’ "utopie ", de l’idéal anarchiste, capable d’inspirer la réflexion et l’action d’individus et de groupes d’une riche diversité de culture, de tradition, et de leur faire privilégier, dans leurs combats et leur réflexions, tel ou tel mode d’intervention, qu’il s’agisse de l’entreprise capitaliste, de la commune où ils vivent, de l’association qu’ils animent, qu’ils soient soucieux de leur propre renforcement culturel, de ce que Fernand Pelloutier appelait « la culture de soi-même », une seule et même morale, celle du respect de la dignité de chacun, les anime. Leur philosophie, leur modèle de relations sociales est unique, fondé sur la justice, la solidarité, l’équilibre dans l’échange, le « contrat mutuel » en place de l’autorité imposée de la loi. Cette « unité » dans l’immense planète de ceux qui se réfèrent à l’Anarchie, cette diversité sont le propre de ce qui fonde le lien anarchiste. Cette « unité » dans la « diversité » est est le signe, le privilège de la liberté face aux formes multiples de l’autorité des pouvoirs imposés. Elle seule peut freiner et tenter de stopper l’avancée des totalitarismes. Camus écrivait : « L’unité, c’est l’harmonie des contraires, la totalité, c’est l’écrasement des différences ».

De même , lorsqu’on qualifie,sans explications, de "référents" anarchistes, des personnages comme Charles Fourier, Robert Owen, et, à un "adjectif près", le chantre de l'ultra libéralisme, l'économiste Friedrich von Hayek, idole des "libertariens" américains qui s'affublent, pour montrer leur passion pour la Loi de la Jungle capitaliste, d'une défroque "libertaire au sens large"...très large, il convient d’émettre quelques réserves sur le sérieux du projet
.
Cette « Manière de Voir » fait suite à un
colloque tenu en juin 06 aux Etats Unis, à Cap Cod dans le Massachussets. Etait invité, entre autres personnalités, Noam Chomsky, pour débattre d’un "schéma alternatif de Société".

Ce « schéma », cette maquette prévoit notamment la « Polyvalence des tâches », la « Planification participative » , la « Rémunération de la production des biens socialement utiles » selon un barème fondé sur l' « effort » déployé et le « sacrifice» consenti par l'individu . Faut il voir dans ce sacrifice »un appel à une religion dont le « gourou » serait à élire ?
Je suppose qu'un tel langage un tantinet mystique a découragé Chomsky et quelques autres invités du colloque, puisqu’ils ne s’y sont pas rendus..


UTOPIE : LE DOUBLE SENS

Il est vrai que le mot a pris le sens d'une idée impossible à réaliser, d'un concept fumeux, d'un rêve peu cohérent, d'un imaginaire délirant, d'une construction abstraite et illusoire. L' Utopiste n'a pas les pieds sur terre, il vit dans l'irréalité..
Etymologiquement "U- TOPOS en grec ancien signifie le "NON-LIEU", l'utopie c'est le non lieu, c'est un rêve, un projet, tel un voyageur qui n'a posé son bagage sur aucun point de la terre ferme.
Mais à l'inverse de cette acception, on peut voir aussi l'Utopie comme un Idéal dont les contours restent changeants à l'image de l'évolution des Sociétés réelles, Idéal dont on accepte l'idée qu'il ne sera jamais atteint. Cette conception rejoint la simple idée qu'il n'y a pas de Société "parfaite", d'une "absolue" perfection. La recherche de l'Harmonie et de la Justice entre les humains, restera ce mouvement permanent vers un Idéal qui se dérobe. Dans une présentation de ce numéro de « Manière de voir », en aout 2010, Gilles Lapouge cite un écrivain uruguayen pour qui l’utopie est un idéal qu’on ne peut atteindre mais qu’on doit chercher à atteindre. Et il conclut : A quoi sert l’utopie ? A cheminer ». Pour l’Anarchie, ce mouvement permanent vers l’idéal n’est pas seulement un cheminement placide et plein de méditation. Il doit être un préalable à l’action contre l’injustice sociale, contre l’insolidarité et le décervelage des individus. Et que faire si le « cheminement « n’est pplus possible ? Renoncer ou se battre pour poursuivre son chemin. Dans un poème, mis enn chanson, Gaston Couté, dans les années 1900, évoquait l »avidité des propriétaires et exploitants paysans qui ne supportaient pas de voir échapper à leurs terres les chemins qu’utilisaient les voyageurs à pied, colporteurs, trimardeurs, chemineaux de toute origine, pour leurs tâches ou leur plaisir. Chaque année le chemin se rétrécissait, envahi par les sillons volés. Ou donc cheminerai je demain, concluait il, en proposant la révolte.
Ajoutons qu’Il faut aussi accepter l'idée, et c'est plus difficile, que si cet idéal se concrétisait définitivement, nous serions dans une société pacifiée, figée, en un mot une société morte.

Cette dernière signification, à savoir la recherche permanente d’un idéal, donnée à l’Utopie peut aisément se confondre avec l'idéal anarchiste. Mais de tous temps les utopistes n’en ont eu cure : il leur aurait fallu accepter de voir leur édifice inachevé. La non fixité, la non terminaison qu’implique la permanence du mouvement de la vie et de la résistance au réel leur est inacceptable. On est loin du combat pour la dignité des individus ; pour la recherche de solutions équilibrées, harmonieuses et pacifiques aux contradictions, aux confrontations, aux controverses et aux conflits qui forment la vie,le destin et l'actualité des sociétés.

LES REVEURS
Ils sont nombreux, poètes, romanciers, philosophes, écrivains de science fiction, politiciens démagogues à voyager en Utopie. Ils ne sont pas toujours soucieux d'harmonie tel Platon chassant les poètes de sa République !
D’autres ne se font pas d'illusion sur leurs illusions généreuses : Thomas More écrit : "Les meilleurs conseils ne pourront rien dans les Etats où la propriété est un droit individuel, où toutes choses se mesurent par l'argent; et par conséquent le bonheur des utopiens restera pour longtemps un rêve de philosophe."
Humaniste, ami d'Erasme, monarchiste et catholique, exécuté par un roi et béatifié par l'église de Rome, Thomas More homme d'ordre voulait le bonheur du peuple mais non par le peuple dont il redoute la violence. C'est un visionnaire d'une société juste, d'une société dit-il, où "une fois la propriété abolie, six heures de travail par jour suffiront à assurer le bien-être général". Nous sommes en 1516.
Et n'oublions pas que le "non lieu" de Thomas More, ce meilleur état de la République est une île, l'île appelée Utopia. Serait ce qu’on ne peux être heureux que loin des autres, dans une île ?
Rabelais a francisé Utopia en Utopie. Il nous fait rêver au bonheur des habitants de l'abbaye de Thélème. C'est une communauté aristocratique adepte du "fais ce que voudras" mais tout autant soucieuse de la connaissance et de la raison selon cette belle formule de Rabelais : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme."
Robert Owen et Charles Fourrier, ces deux utopistes communautaristes ne se sont jamais présentés comme des "pères" de l'Anarchie ni même comme des inspirateurs de la morale et de la philosophie anarchiste. Ce sont de grands rêveurs généreux.
Fourrier, dans son "Nouveau monde industriel et sociétaire" imagine une communauté fermée qu'il appelle phalanstère. Des tentatives de création de communautés de ce type en Amérique ou en Europe imaginées par ses adeptes (Considérant, Godin) furent des expériences provisoires et isolées dans un milieu hostile et devinrent rapidement des "non lieux", des chimères.
Robert Owen, co-propriétaire d'une usine textile en Ecosse est un réformateur social qui améliore, dans son entreprise, le sort de ses ouvriers. Il propose, en outre, un plan de transformation de la législation du travail. Sa tentative de créer, ex nihilo, à partir de rien, une communauté, une colonie communiste "New Harmony", en Indiana aux USA, échoue également

L'ANARCHIE FACE A L'UTOPIE
Nous avons vu que, Si l'Utopie était prise dans son sens d'idéal à atteindre par le combat permanent contre l'ordre social injuste, si chaque action concrète de résistance, chaque révolte s'inspiraient de cet idéal, elle n'entrerait pas en contradiction avec les principes et la morale de l'Anarchie.
Mais les quelques exemples d'"utopistes rêveurs" évoqués ci dessus montrent la faiblesse de ce que Proudhon appelait "des Sectes". Le "père de l'Anarchie" subit, très concrètement cette fois, et non en imagination les attaques de ces sectes, au prosélytisme agressif.
Il suffit de citer quelques unes des appréciations de Proudhon sur elles, pour saisir en quoi ces sectes n'ont pas, sauf quant à la critique d'un ordre social injuste, de points communs avec l'Anarchie. Bien souvent elles font obstacles aux prises de position et aux propositions d'action des anarchistes.

L'ANARCHIE CONTRE LE DOGME
La liberté de penser, l'ouverture d'esprit, la recherche incessante de l’explication des phénomènes économiques et sociaux, sont le fondement de la pensée anarchiste. Il ne peut s'agir de se satisfaire d'une découverte, d'un savoir qu'on installerait comme absolu, en vérité définitivement incontestable. Tout dogme tout catéchisme toute religion est un frein, une entrave à la pensée libre, à l'évolution des idées vers une morale humaine. Il ne peut y avoir de religion de la raison, de la logique pas plus qu'il n'y a de religion supra terrestre. Rien n'est au dessus de l'entendement de l'homme ancré dans les réalités du présent. La « révérence » à l ‘Absolu conduit d’abord à l’obéissance servile puis au « sacrifice ». L' Utopiste se soumet puis se « sacrifie », pas l’Anarchiste. (1)

(1) - Le 17 mai 1846 Proudhon écrivait à Marx, pour répondre à sa proposition de lui donner une place dans son "association de communistes allemands et de socialistes européens"... "..je fais profession... d'un anti-dogmatisme économique presque absolu. Cherchons ensemble, si vous voulez les lois de la Société, le mode dont ces lois se réalisent, le progrès selon lequel nous parvenons à les découvrir, mais, pour Dieu, après avoir démoli tous les dogmatismes a priori, ne songeons pas, à notre tour, à endoctriner le peuple...faisons nous une bonne et loyale polémique, donnons au Monde l'exemple d'une tolérance savante et prévoyante, mais, parce que nous sommes à la tête du mouvement, ne nous faisons pas les chefs d'une nouvelle religion, cette religion fut elle la religion de la logique, la religion de la raison...".



2. Les remarques et les propositions d’explication sur le thème Anarchie et Utopie, que vous allez lire dans la suite de cet exposé sont inspirées des notes des carnets de Pierre Joseph Proudhon.


L'ANARCHIE CONTRE LE MYSTICISME

Le rêve, l'imagination sous quelque forme que ce soit, poésie, science fiction, roman d'anticipation sont sans effet sur le réel immédiat, sur la vie concrète des sociétés. (3) Les spéculations sur la vie, les prophéties sur le bonheur à court ou à moyen terme, dans l'au delà ou sur terre sont incompatibles avec l'analyse raisonnée des réalités. Analyse et critique qui sont le fait de l'anarchie. L'utopiste au contraire se complait dans ses illusions dans ses chimères dans ce vide. (2 et 5) Cette stagnation béate de la pensée est de son fait. On peut parler à ce sujet de maladie de l'esprit humain (8) puisque le décalque de l'irréel sur le réel a atteint son apogée.
Le futur, l'avenir pour l'anarchiste se construit au présent. Quant à l'utopiste, plus ou moins consciemment il se berce d'illusion; il est mystique ou mystifié. S'il est acteur de la mystification il est un charlatan, un escroc faiseur de vaines promesses. (6) Pour mieux impressionner il se sert de néologisme masquant ainsi le sens commun. Devant le fait qu'il a des difficultés à se faire entendre, devant l'irréalité de ce qu'il expose, il envoie sa secte en Amérique. (10)

L'ANARCHIE ET LA "COMMUNAUTE"

L'anarchie fonde sa philosophie et sa morale sur l'épanouissement et le développement des facultés et des connaissances de l'individu. Il n'est de combat pour la justice que fondée sur l'égalité des personnes, l'équilibre des intérêts individuels.
L'association libre des volontés et des forces s'oppose à la communauté utopiste, à toute forme d'esprit grégaire. La bataille de l'anarchie contre la passivité du troupeau, contre l'uniformisation, contre l'écrasement des différences est permanente. La communauté par la voix de ses chefs, de ses prophètes, de ses meneurs est un facteur d'entraînement du peuple dans une utopie sociale sous une bannière sectaire. (6, 7, 11)
La liberté et la non hiérarchie s'opposent au culte du chef. La capacité de chacun, la participation aux décisions et à leur mise en oeuvre excluant de fait la délégation de pouvoir, forme de renoncement favorisant la soumission au chef, sont au coeur de la pensée anarchiste.

L'ANARCHIE ET L'AUTORITE

Pour l'anarchie les relations sociales sont fondées sur la liberté et la justice. La justice est le respect de la dignité de l'individu. Elle est la règle pour les anarchistes et elle est le fondement de la plus belle expression d'un ordre harmonieux.
Il s'agit donc de trouver des formes d'organisation sociale ou la liberté l'emporte sur l'autorité. Pour réduire la part de l'autorité, le pouvoir doit être près du pôle d'initiative, il doit être le plus dilué possible. Pour l'utopiste communautariste au contraire, l'autorité se justifie par la soumission volontaire du troupeau - éventuellement avec l'excuse du trop grand nombre à conduire. ( 7 ) Le développement de l'autorité, l'abus de pouvoir l'ambition des chefs de secte sont à l'origine d'un système autoritaire développé pouvant devenir carcéral. (7 et 12). Asservir pour rendre libre tel est le credo de l'utopie. Il s'agit pour les dirigeants, le plus souvent, de restaurer d'anciennes castes, de reconstruire une autorité sur l'ancien modèle, de mettre en oeuvre des plagiats politiques ; il leur faut la dictature. (4 et 5) L'enfermement est encore le meilleur moyen de réduire l'homme à l'état somnambulique. (12)



Dans ses carnets Proudhon n’est pas tendre à l’égard des utopistes de son temps. Il voyait dans ce bouillonnement des idées «sectaires» non seulement un enfermement dans l’irréalité, mais surtout l’immense danger d’une paralysie des initiatives et des résistances au présent. Ses observations et ses craintes sont toujours d'actualité. Elles s'appliquent encore aujourd'hui, au temps du grand décervelage médiatique, du virtuel, du subliminal, de la déconnexion du réel dans une société infestée du mysticisme capitaliste. (13)


Archibald Zurvan Aôut 2010



NOTES de Pierre Joseph Proudhon

Les numéros figurant dans cette seconde partie se rapportent aux sujets développés par Proudhon et qui ont inspiré mon texte. (Numéros de 2 à 13) . exemple de référence : C2 102 : Carnet numéro 2 numéro de paragraphe 102 (Edition Marcel Rivière 1960).

2 ...je dois dire "aux fouriéristes de bonne foi que je suis le seul interprète que Fourier ait eu jusqu'ici et que tous ceux qui ont pris ses mythes au pied de la lettre ont été mystifiés par lui..." (C2-102)
3 "...le socialisme actuel...se place tellement loin dans l'avenir, dans les nuages qu'il n'est pas difficile de le convaincre par ses propres aveux, de tendre secrètement à une permanente irréalisation..."
4 "...les communistes de tous degrés en sont là ; il leur faut la dictature; voyez Cabet! (C2-117).
5 "...j'ai à démontrer le faux et le vide de toute Utopie..." (C2-120)

6"...tout ce qu'on peut dire de l'Ecole fouriériste, c'est que le charlatanisme et l'ignorance seuls en font les frais, avec une certaine dose de mysticisme, et qu'indépendamment des intentions secrètes des meneurs, dont nous n'avons pas à nous enquérir, les faits et gestes de cette Ecole prouvent que l'escroquerie et la duperie sont ses seuls éléments...". "...dupe ou escroc, le socialiste n'est pas autre chose..." 'C4- 50)

7 "...dès que le lien social s'élargit sans cesse, à mesure que le nombre des individus augmente, les utopistes ont été induits à concentrer de plus en plus l'Autorité, l'initiative sociale dans un pouvoir ou régence….dans tous les projets d'associations on retrouve, à un degré quelconque, d'une manière plus ou moins prononcée cette idée de l'Autorité...ce qui aboutit toujours à cette conclusion ! "Asservir les hommes afin de les rendre plus libres"...
"...toutes les utopies socialistes ne sont que des reconstructions de l'Autorité, des plagiats politiques, souvent des restaurations de castes, des extensions du Privilège...Leur prétendue science se traîne sur des aberrations du sens commun, qui ne se soutiennent un instant qu’à la faveur de néologismes et disparaissent aussitôt qu'on les réduit à leur expression simple …» C4 104

8 «…. Les Utopies, maladies pédiculaires de l’esprit humain ……C4 104

9 …»Dans le temps on s’amusait de ces nouveautés de rêve, mais aujourd’hui?…nos pères s’amusèrent de ces utopies; ce genre de divertissement est si bien mort que nous ne pouvons pas même en rire…» ‘C4-116)

10 «…manifeste des chefs communistes appelant à émigrer en Amérique, vu que impossible de rien accomplir en France! Quelle bêtise! (C4-178).

11 «…le véritable, l’unique danger de la situation…: le peuple est tout entier dans l’utopie sociale; pour surcroît d’égarement, on s’efforce de tous cotés de le précipiter dans l’utopie religieuse, les uns prenant celle-ci comme antidote du Socialisme, les autres, Pierre Leroux et bon nombre de catholiques comme complément du Socialisme. Utopie sur Utopie. Utopie contre Utopie, voila ou nous en sommes. Les uns opposent à l’idéal de la fraternité l’idéal de l’obéissance et du pouvoir. Les autres veulent nous guérir de la chimère du bonheur ici bas par la chimère du bonheur dans l’autre vie, ajoutant l’ignominie à l’illusion; le plus grand nombre, sur les traces de Fourier, Cabet, Louis Blanc, Pierre Leroux veulent à la fois l’idéal de l’autorité, l’idéal de l’amour, l’idéal du plaisir porté dans le travail même…depuis février (1848) surtout, je m’efforce de pousser le socialisme dans la voie des réformes, je devrais dire des réalités pratiques et positives; je n’ai cessé de combattre l’Utopie sous toutes ses formes, sentimentale, politique, économique, théosophique…». (C8-5)

12 En prison, au secret dans la citadelle de Doullens, en 1850, il écrit:
«..dans la prison, dans le séquestre, les notions du temps et de l’espace s’effacent peu à peu; le sentiment des réalités disparaît; tout devient songe et rêverie pour le prisonnier. C’est asphyxie lente des facultés; les souvenirs éloignés se confondent avec les images présentes. La vie extérieure n’apportant plus rien à l’esprit, on est à moitié dans le royaume des ombres. Le «moi» voltige dans le vague de l’infini. Pour lui ni passé ni présent, ni avenir. Ce n’est pas le néant, ce n’est pas l’existence. Ce n’est pas non plus le «devenir», puisque dans la monotonie des journées, des actions, des songes, il n’ y a plus le sentiment de la succession, il n’ y a ni mouvement ni progrès. C’est une suspension universelle des facultés, c’est une léthargie ayant conscience d’elle-même…comme dans ces songes ou le songeur se voit lui-même comme autre, assiste, témoin étranger, à sa mort, à son enterrement, prononce son oraison funèbre; ainsi le prisonnier se sépare peu à peu de lui-même, il devient son propre sosie; c’est l’âme en peine qui s’accuse comme n’étant pas elle; c’est le somnambule éveillé ou plutôt c’est l’homme réduit graduellement par la soustraction de chacune de ses facultés à l’état somnambulique; c’est encore à cet état que le régime communiste réglementaire réduit l’homme…» (C 8 – 56 57)
«…L’homme qui devrait pouvoir en travaillant, en produisant toujours, visiter son Globe tout entier, l’homme, par la «communauté» est enchaîné par le pied au sol, à la prison ou le malheur l’a fait naître. Car, dès que l’ordre ne résulte pas du libre engrenage des intérêts, dès que la garantie n’est pas assise sur la responsabilité individuelle et la libre action de tous, il faut des sûretés; ces sûretés, ce sera la force. Le communiste aura la permission de sortir une fois l’an, de faire un voyage tous les dix ans. Hors de là il est muré. Que c’est bête le communisme quand on y pense! (C 8- 56)

13 «…Etudions, philosophons mais sans espoir de l’absolu, parce que l’absolu n’est qu’un déguisement de la superstition et de l’ignorance; plus d’utopies, ni d’en haut ni d’en bas, ni dans le ciel ni sur la terre pour vouloir sauver l’humanité; les utopistes religieux ou sociaux sont ses plus grands ennemis…». (C8- 4).

dimanche 11 avril 2010

UN PATRON DE PRESSE à RADIO LIBERTAIRE


N’OUBLIEZ PAS


C’est le titre du livre que vient de publier Edwy Plenel, ancien directeur du journal « Le Monde ». Après avoir présenté ce qu’il appelle son « manuel citoyen » sur France Inter, le 18 janvier 2010, dans l’émission « Le Fou du Roi », il vient en faire la promotion sur les antennes de Radio Libertaire, le samedi 3 avril 2010, dans une émission à vocation non humoristique. Pourtant, certains mauvais esprits ont pensé à tort qu’il s’agissait d’un poisson d’avril.

N’oublions pas, en effet. Le patron d’un « site d’information en ligne » demande aux lecteurs de son manuel de se rappeler le passé, de ne pas effacer l’histoire. Mais alors, jusqu’où remonter dans le temps ? va t-on évoquer devant un ancien « trotskyste » et dans un studio anarchiste les aventures de Trotsky et de son train blindé sillonnant la Russie des années 1917 et suivantes , à la chasse aux anarchistes de Kronstadt et d’ailleurs, à tous les opposants à la dictature d’un parti unique pour qui « la Fin (le pouvoir absolu) justifie les Moyens »(les crimes).

Non, bien sur ! On ne va pas, pour la promotion d’un bouquin, faire porter le poids de l’histoire à l’ engagement de jeunesse d’un invité. Recevoir un ex trotskyste, pourquoi pas ? On a bien accueilli sur Radio Libertaire, entre autres, un « Cardinal » et un contempteur de la « Barbarie Socialiste ». (1)

Et puis, l’ancien directeur de la rédaction du journal « Le Monde » nous précise que, du temps de son militantisme à la Ligue communiste révolutionnaire, il faisait partie des adhérents les moins « sectaires », peut être même un tantinet libertaires. De plus, pour bien montrer son penchant pour les valeurs de l’Anarchie, il nous précise qu’il a installé son entreprise « Médiapart » devant le square « Léo Ferré », à quelques encablures de la Bastille et de la « Commune libre d’Aligre ».

Et comment résister à ce compliment qui nous est adressé, à nous libertaires, d’être les mieux placés pour apprécier la leçon de journalisme « critique et résistant » qu’un ancien chef de la rédaction d’un quotidien de révérence nous adresse au cours de sa présentation radiophonique de ce « N’oubliez pas » ?

Ses exigences en matière de morale journalistique ne peuvent que nous séduire. Albert Camus est son nouveau maître . Il compare son travail de « remémoration et de décryptage » à celui de Camus au journal « Combat » en 1944. Décidément l’accroche « libertaire » est « tendance ». Après Sarkozy et Onfray, ces valeureux capitalistes libertaires, nous voilà, avec Plenel et Besancenot agrippés à nos basques, confrontés au trotskisme libertaire.

Quant à Camus, très critique à l’endroit des journalistes « policiers » et d’une presse entre les mains des puissances d’argent, il aurait été surpris par un « oubli » de Plenel. En 2000, le directeur de la rédaction du « Monde » s’employait à faire coter en bourse son journal. Sans succès. Aujourd’hui il soutient qu’il existait une cloison étanche entre les patrons gestionnaires du journal et lui, simple exécutant rédactionnel avec son équipe.

D’une façon générale le propos unilatéral tenu par Plenel, au cours de l’émission, a ressemblé à celui d’un plaignant dans un procès. Il se dit victime d’un « attentat » (sic), dirigé spécialement contre lui,lors de la parution du livre « La Face cachée du Monde ». ll se présente comme le « bouc émissaire » de ces actionnaires qui l’ont mis dehors, comme le « bouclier » protecteur des turpitudes de ses chefs.. Il se compare à l’écrivain, critique d’art anarchiste, Félix Fénéon, injustement poursuivi par la police et la justice avec d’autres anarchistes dans le fameux procès dit « des Trente »,en août 1894. Victime, il reconnaît avoir commis des erreurs, sans pour autant nous demander l’absolution ni s’engager dans la voie de la « repentance.

Mais Plenel est il, comme il le prétend, une simple victime de calomnies ? Ses 25 années de bons et loyaux services au sein du « quotidien vespéral des marchés », dont 10 ans de direction rédactionnelle, ne peuvent le dédouaner complètement. Tout ce qu’il nous raconte pendant l’émission, il l’a déjà dit et diffusé dans les médias. Il suffit de se référer au « Plan B » pour en retrouver trace. Et il est vrai que les critiques pleuvent. Des interprétations erronées dans l’analyse de la situation des « Banlieues rouges », des fréquentations peu critiques avec des politiciens de métier « (exemples le maire de St Denis, communiste devenu vert, le socialiste Montebourg, Ségolène Royal remerciant les adhérents de son club « Désirs d’Avenir » de s’inscrire à Mediapart et « par ce geste militant de s’inscrire dans la logique participative ». ou encore sa collaboration au groupe TF1 et sa proximité avec François Hollande)

La liste est longue de ces « calomnies » : faux scoops, recapitalisation de l’entreprise (comme Le Monde vient de le refaire). Dans le journal « Le Plan B » de juin 2007, on peut lire, sous le titre prémonitoire « J’oublie tout », le détail des « oublis » de Plenel. Ainsi il avait déjà oublié ses amis : En 2003 il disait à FR3 : « Jean marie Colombani, pour moi, c’est un frère », et sur France2 : « Alain Minc est devenu un ami, et je suis fier d’être devenu son ami ». Pour effacer ses amis, une photo où il siège à une tribune à coté de Colombani et Minc a été en partie gommée pour qu’il n’y figure plus.


Alors, direz vous, que venait t il faire dans notre galère ? A part, inciter les auditeurs de Radio Libertaire à souscrire un abonnement à Mediapart » et faciliter ainsi sa « recapitalisation » ? S’entraîner à répéter une fois de plus son boniment de voyageur représentant placier ? Acheter une ou deux « Indulgences » de notre Eglise anar ? Quand il travaillait sur LCI, en novembre 2006, il avait, pour la promotion d’un bouquin, reçu l’auteur, un fieffé réactionnaire nommé Pierre Rosanvallon, ancien patron d’un Centre d’Etudes en Sciences sociales. Devant les caméras, il s’écria : « …c’est le livre, le Livre politique qu’il faut lire pour préparer la « Présidentielle ». Mon coup de cœur, je le dis tout de suite…Un pavé dans la mare sur le piétinement de notre fonctionnement démocratique…Un seul conseil, Lisez Pierre Rosanvallon…et , les politiques, Prenez en de la graine. »

Bon, alors, on lui achète son bouquin « N’oubliez pas ! » à notre pauvre trotskiste libertaire honteusement calomnié ? Tu crois que, comme celui de Rosanvallon, il va nous servir pour la « Présidentielle » de 2012 ?- Il faudrait en tester les effets, d’ici là.- Dommage qu’il ne soit pas encore traduit en polonais.- On va avoir une « Présidentielle » là bas, d’ici peu. Ah, oui, le père Ubu vient de se cracher avec sa cour au dessus d’un charnier soviétique. Bon, on va attendre un peu avant de nous plonger dans cet instructif « manuel » de politique journalistique !
AZ avril 2010
Les citations sont extraites de plusieurs numéros du « Plan B »
Note 1 : Bourdieu et Castoriadis.

jeudi 22 janvier 2009

ECOLOGIE DECROISSANCE et ANARCHIE



Anarchie, Décroissance, Ecologie

« En quoi le combat contre l’Economie capitaliste est il nécessairement une lutte contre la Croissance et pour la protection de l’Environnement »

Ce très vieux sujet ne cesse de soulever des passions. Tant mieux, puisque même passionnées les controverses sont utiles. J’en profite pour dire mon mot.

L ‘Anarchie. La liberté ne va pas sans la morale. Le respect de l’autre, qu’il s’agisse de l’individu ou du groupe est le fondement de la « Philosophie des moeurs » de Pierre joseph Proudhon. La liberté de l’autre, accroît la tienne. Cette liberté a un contenu : l’autonomie, la capacité à développer sa force, sa volonté , sa personnalité. Dans ce but, chaque individu ou chaque groupe librement constitué doit pouvoir disposer de la liberté de construire et d’autogérer son existence . Cette vie libre et autonome en Société lui permet d’organiser de « libres, mutuels et réciproques ». » échanges avec les autres individus ou groupes. Ce « commerce » exclut toute idée de hiérarchie, de domination, de vol. Ce mode de fonctionnement implique la maîtrise du potentiel de production et de son entretien. Au total, il s’agit, dans les relations avec les individus et la nature, de tendre vers ce qu’on pourrait appeler « Harmonie et Mesure ».

La Croissance. Le moteur de l’Economie capitaliste est la croissance. Ce vocable apparemment anodin, à connotation biblique ( ‘Croissez et Multipliez » ), recouvre tout ce que nous appelons « Le Vol Capitaliste ». Il ne s’agit pas de permettre , par la croissance des biens, produits et services, d’éviter que plusieurs milliards d’individus, sur la Planète, soient dans la famine ou la misère. Il s’agit au contraire, avec les armes de la guerre économique et de la Charité (ONG), d’accaparer, au profit de quelques uns, le produit des ventes réalisées grâce au vol des richesses et du travail de l’ »Autre ». Ce vol n’est pas seulement un accaparement limité à un produit ou un service. Il implique la destructions des Cultures autochtones et de ce qu’on pourrait appeler « Les Fondamentaux » : la Terre, le Sous sol, l’Air, l’Eau. Outre la disparition des autonomies, cette Croissance se fonde sur ce que Stirner appelle la « Guerre de tous contre tous ». En effet la nécessité d’ « absorber ou d’éliminer » son concurrent est une question de survie pour les plus « compétitifs ». Cette « démesure » entraîne la concentration des ensembles productifs, la servitude accru des « clients » et salariés, le gaspillage côtoyant la misère, le gigantisme commercial et l’ « ignoble réclame », comme disait le géographe Elysée Reclus
Ainsi , lorsque les anarchistes parlent de « Décroissance », c’est bien de cette gigantesque et longue bataille qu’il s’agit . Détruire une Economie folle, capitalistiquement fondée sur la Croissance, voilà la « Dé- Croissance », la destruction du modèle.


L’ Ecologie : Lorsqu’on s’intéresse au Milieu, à la Nature, à la relation entre les individus et leur environnement, l’ampleur du sujet, l’aspect fatal, inexpliqué, imprévisibles de bien des phénomènes naturels, risque, plus que dans tout autre domaine de la Connaissance, de vous faire trébucher, de vous faire prendre les pieds dans le « sacré », le « religieux ». Le biologiste allemand, Haeckel, l’un des premier à utiliser le mot Ecologie, en 1874, un scientifique « darwinien » convaincu, s’est finalement réfugié dans une métaphysique, une « philosophie de l’Ame ». De son côté, Henri David Thoreau, l’auteur de « La Désobéissance civile », homme de raison d’un immense savoir, , à la forte personnalité, donne à son « Ecology » un caractère mystique.

De tout temps, on a sacralisé ces « puissances naturelles inconnues » déclanchant bienfaits ou catastrophes. Les Maîtres de toutes les époques , religieux ou non, ont su utiliser ce phénomène pour asseoir leur domination. Les poètes, les « romantiques », les philosophes s’en sont donné à cœur joie pour nous faire rêver à l’ Age d’or, au « bon sauvage «, ou nous conduire au renoncement à échapper à un destin fatal.

Mais pour nous, aujourd’hui, la question n’est pas seulement de dénoncer les pratiques du Pouvoir en matière d’Ecologie, soit qu’il s’appuie sur des « scientifiques » pour nier les phénomènes, soit qu’il les admet sans les combattre, c’est de souligner l’impossible dissociation entre notre combat contre le système capitaliste en général et les conséquences de sa propre logique. Les bouleversements des équilibres naturels, la dégradation des « milieux où vivent les êtres vivants » (sauf évidemment à en contester l’existence) sont le produit de la mécanique économique et sociale capitaliste.

20 01 09 AZ

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mercredi 21 janvier 2009

ANARCHISTE OU LIBERTAIRE ?







UN LIBERTAIRE EST IL UN ANARCHISTE ?

Le Capitalisme s'étouffant aujourd'hui, le bicentenaire de la naissance de Proudhon, père de l’Anarchie, aurait il fait renaître (en tout cas pour les médias) l’intérêt pour cette « plus belle expression de l’Ordre ». Iront-ils, ces journalistes, au bout de leur propos? Il est déjà étonnant qu'ils aient présenté les extraits des carnets de Proudhon sous le titre "Honte au suffrage universel". Bon début. Mais il faudra les aider pour la suite. Il reste, en effet, quelques « minuscules » valeurs de l'Anarchie à traiter ! la Morale, le Mutuellisme en Economie et en Société, Le Fédéralisme (anti- centralisateur), la relation "autorité- liberté et j'en passe.

Début…par le « vocabulaire »…

Sous le titre « Les Anarchistes » Le mensuel « le Monde diplomatique consacre dans son numéro de janvier 2009, quatre pages aux Anarchistes, leur histoire, leurs valeurs, leurs modes d’action, l’actualité de leurs combats dans le Monde.

Le premier sujet abordé dans ce numéro constitue une analyse du vocabulaire utilisé pour parler des anarchistes et de leurs références. Qu’est ce qu’un « libertaire », une idée, un acte « libertaire » et en quoi s’agit- il d’anarchie ?

Jean Pierre Garnier a traité de cette question sous l’intitulé : « Appellations peu contrôlées »

Le thème de l’écart entre le sens donné à un mot et la réalité qu’il recouvre n’est pas nouveau. Dans le numéro 1537 du Monde libertaire (11-17.12.08), Jean Pierre Garnier avait déjà écrit, sous le titre « Un Capitalisme Festif », un article dans lequel il soulignait l’artifice que constitue une « Fête » organisée par les pouvoirs en place, à la façon des « Jeux du Cirque » des Arènes impériales romaines, pour détourner la population des injustes et dures réalités, en prétendant, par ces dérisoires distractions, retisser le « Lien Social ».

Dans l’article du Monde Diplomatique, « Appellations peu contrôlées » J. P Garnier entreprend de démonter une pratique courante depuis des lustres, selon laquelle l’appellation « libertaire » recouvre des réalités diverses et souvent contradictoires. Pour ne pas être catalogué comme anarchiste, terme injurieux employé par l’Etat et la Classe capitaliste au pouvoir pour désigner de vulgaires terroristes poseurs de bombes, des politiques, des littérateurs, des agents médiatiques, des amuseurs, des tenants de la « libre loi de la jungle », des timorés de la pensée politique ou philosophique radicale, des « réformistes » opposés à tout acte rebelle se sont emmitouflés dans le doux vocable « Libertaire ».
Comme le souligne l’auteur de cette page, leur rébellion contre l’injustice sociale et les exactions des Pouvoirs, s’est « … cantonnée au mode de vie… » . Ainsi leur « transgression » participe du « renouvellement du système » en place.

Certains des personnages, qu’il s’agisse de politiciens , de sociologues, de philosophes médiatiques cités par l’auteur (1) s’abritent sous le parapluie « libertaire » pour donner un goût « tendance » à leur brouet réformiste insipide. Ils se servent du bel adjectif, libertaire, comme d’un miroir aux alouettes, pour mieux attirer les gogos. Leur volonté de transformation radicale de la Société, leur socialisme, qu’il soit ou non libertaire, est un leurre. De même que les partis communistes « autoritaires » les traitaient, tout au long du vingtième siècle, de « sociaux- traîtres », on peut dire d’eux qu’ils trahissent les valeurs de l’Anarchie, sa morale et ses modes d’action. Et J.P Garnier conclut : « … Autant dire que les néo libertaires ne font qu’ajouter l’indispensable note « néo » à un conservatisme renforcé. »

Quant aux « libertariens » qui composent avec d’autres « libéraux libertaires », la cohorte des adeptes de cette grande secte libertaire, on ne peut les accuser de trahison. Ils ont toujours soutenu que seule la morale de l’humilité et de la soumission est compatible avec le jeu naturel de la liberté du plus fort sur le plus faible.

Mais, les uns comme les autres ne voient qu’avantages dans les « transgressions » à la petite semaine, les jeux du cirque, les « micro- révolutions (voire les révolutions de Micro ) individuelles ou en bande ». L’« engagement » dans l’hédonisme libertaire est un admirable dérivatif. Leur « Liberté- Transgression » est un jeu sociétal sans conséquence sur l’ordre établi.

Plus que jamais, en ces temps de confusion, organisée ou subie, l’analyse de J.P Garnier mérite d’être lue, disséquée , frottée aux réalités de notre quotidien.
Archibald Zurvan 2 janvier 2009

Note : (1) Cohn Bendit, Besancenot, Corcuff, Onfray et autres

mercredi 10 décembre 2008

VOILA DES LIBERTAIRES


VOILA DES LIBERTAIRES


Ce document représente le chanoine du Latran et le prêtre honoraire de « Raël » conversant à bâtons rompus. le cliché est de Mr Ben Slama, professeur musulman modéré de l’Universités des Libertés pour athées et non croyants, à Saint Denis –Basilique. C’est une action créatrice de l’Université « Ni- Dyo- Ni-sos ».



Bréviaire à l’attention des fidèles du


SOCIALISME LIBERTAIRE_HEDONISTE


VOTE . Pour satisfaire tes espoirs
On te conduit à l’isoloir.
Choisis ton maître, car tu sais bien
Que sans lui tu ne serais rien.

ETAT. Sers l’Etat avec dévotion
Il est neutre et sans son action
La pauvreté et l’injustice
Règneraient, ainsi que le vice ;

CAPITALISME :
C’est bien le meilleur des systèmes
Et pour cela il faut qu’ on l’aimes
Entreprenant, compétitif
Pourquoi donc le trouver fautif ?

S’il provoque des débordements
Reprends le, « libéralement ».
Et si, il te mets sur la paille
Pardonnes lui sans chercher maille

REFONDATION .

Sauvez la gauche assurément
Le Socialisme en même temps.

A moindre frais et sans panique
Adressons une humble supplique
A nos amis héréditaires
Au grand sourire autoritaire.

SCIENCE
Aimons l’atome, le clone et le génome
Ne faisons pas aux savants la morale
Ils savent mieux que nous ce qui est bon pour l’homme
Aimons l’atome, le clone et le génome,
Nous deviendrons poussière, c’est notre issue fatale.

TRAVAIL
Effort et sacrifice , le travail est sacré
Ce doit être pour nous bien plus qu’une névrose
Montrons notre sueur, sachons tout endurer
Soit bourreau de travail, et vois la vie en rose.

ANARCHIE
Ne tombe pas dans la croyance
Que ce vocable suranné
Ait pu avoir quelque existence
Ou bien tu te feras moquer ;

Vieilles lunes, idées démonétisées
Radotages et billevesées
Ne nous encombrons pas la cervelle
Agissons plutôt sans retard
Regardes comme l’action est belle
Quand elle s’appuie sur du brouillard

11 12 2008 AZ

dimanche 30 novembre 2008

Mais qu'est ce k'ONFRAY sans lui



Engagez vous, Rengagez vous …
Joyeux compagnons

Militez dans
L’ Hédonisme Actif


La Tragédie d’un orphelin :

Vous avez raison braves agents de l’Université Popu de St Denis- Basilique. Il faut savoir aimer son prochain. Recevoir un orphelin, lui faire la charité de le laisser s’exprimer, d’une parole plaisamment militante, voilà qui fait partie de notre dogme sacré.

Bravo pour votre souci bienveillant de protéger un pauvre homme qui a perdu sa famille, un courageux pédago désemparé, réprimandé, disputé sans retenue par ces Anarchistes d’aujourd’hui, vers les quels il tendait humblement la main.

Ah, on voit bien que vous connaissez non seulement notre « dogme » mais aussi bien notre « catéchisme » et l’un de ses commandements : « Lorsque vous recevez une gifle sur la joue droite, tendez la gauche »
Des esprits mesquins auraient boudés, en effet, aux propos du charmant barbicole que vous recevez dans vos murs protecteurs. Et il est vrai qu’il n’avait pas mâché ses mots quand il parlait ou écrivait sur les anarchistes, par exemple, le 20 12 2007 à l’un de nos compagnons, " …pour ma part, j’ai fait mon deuil : cette famille a cessé d’être la mienne (et j’ai bien eu tort de le croire un temps)…. "

Vous avez bien benoîtement interprété notre évangile qui nous chante que celui qui fait preuve de méchanceté envers nous n’a qu’un motif, c’est qu’il nous aime. Le cuistre dirait  :« Qui bene amat, bene castigat ».

Et c’est un fait qu’il nous aime bien votre réfugié hédoniste. Il nous aime et prend soin de notre bagage philosophique, culturel et social comme avec des adolescents. Il parle d’or : « il y a des anarchistes dont certains ne sont pas du tout soucieux du réel : Je suis abonné au Monde Libertaire et je le lis parfois avec consternation…Comment est ce qu’on peut croire à une chose pareille… Quand on a 14 ans, 15 ans c’est bien… »

Ce sera votre bonne action de savoir défendre un pauvre maître d’école, qui, mis à part tous les Médias, fait l’objet d’attaques cruelles, d’une véritable chasse aux sorcières de la part d’autres philosophes et écrivains. Dans un méchant pamphlet récent ("Chers Imposteurs"), l’auteur l’embarque dans la même galère que BHL et Sarkozy et assimile la généreuse production d’Onfray à des produits sortis tout droit de « Monoprix ». Un autre , professeur de philosophie, il est vrai traité par notre pédago de « sorbonnagre », se venge en lui accolant l’étiquette de « poujadiste ». Bref, il est noble de mettre fin à ces rivalités désuètes et de ramener « la paix dans la joie » et le plaisir.

Bien sûr et heureusement que notre « dogme » prescrit qu’il faut savoir avaler des couleuvres. Pour toute la grande famille anar, d’hier et d’aujourd’hui, ça fait un peu mal de lire dans l’un des derniers produits du barbicole, « La Pensée de Midi », et dès la première page, que les anarchistes sont des « .. tenants du dogme anarchiste - frères en cela des bolcheviques. »

Enfin, chers frères de la Basilique royale, tout ce que nous savons, c’est que nous ne savons rien. Et grâce à votre louable initiative, le 12 décembre sera jour de liesse puisque nous pourrons enfin discerner le vrai. L’Anarchie n’aura plus de secrets pour nous. Nous serons enfin capables de savoir que dire, qu'écrire, que faire.

Notre militantisme sera expurgé de ses scories, notre engagement sera joyeux. Et le logo de notre carte d’ « encartage » représentera une basilique et un savant popu. Ecoutons la voix du prophète :

"Et ils ont du mal les anarchistes, un certain nombre d'anarchistes.... parce qu’ils sont souvent dans le catéchisme les anarchistes, ils sont souvent dogmatiques…je pense plutôt aux gens… Fédération Anarchiste…ils ont une carte…donc ils sont "encartés"…ils ont adhéré, ils vont à des matchs (?).. ils sont abonnés…et pis "Y a des mots d’ordre"……on se retrouve ensemble pour savoir quel sera le mot d’ordre… ça me paraît pas la meilleure façon d’être anarchiste…il faut être anarchiste dans l’Anarchisme…soyez anarchiste dans ce corpus anarchiste… »

Et encore, dans l’un de ses grands moments d’inspiration et de doute…

« Qu’est ce que ça veut dire d’être anarchiste aujourd’hui ?…Est ce que ça a encore un sens ? ou est ce que ça suppose qu’on descende dans la rue avec un drapeau noir CNT et en disant « Sarko Facho » et ce genre de choses, c’est facile, ça mange pas de pain mais ça fait pas avancer la cause anarchiste ».
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Le Premier de Décembre 2008 Archibald Zurvan

mardi 18 novembre 2008

LIRE ...un Crime?

LIRE … UN CRIME ?

Le livre « L’Insurrection qui vient », rédigé par un collectif signant « Un Comité Invisible » et édité par la maison d’édition « La Fabrique » dirigée par Eric Hazan serait considéré par la brigade « Terroriste » des Services de Police spéciaux parisiens, comme « Pièce à conviction ». à la charge de plusieurs habitants du village de Corrèze, Tarnac.

Ce « Terrorisme d’Etat » faussement baptisé « anti » s’exerce actuellement dans l’affaire de Tarnac et de l’un des 27000 actes dits « de malveillance » survenus sur le Réseau Ferré de France » en 2008 .

Dans le cadre d’une « Série Policière » télévisée et présentée comme un journal d’information « véridique » comme à l’accoutumé, nous avons pu voir un groupe d’une dizaine de personnages au visage dissimulé par une cagoule noire et harnachés de vêtements spéciaux protecteurs, prenant d’assaut sans aucune raison apparente, une paisible habitation corrézienne du petit village de Tarnac.

Le problème est que les acteurs ridicules de cette fiction co-produite avec le FBI se sont pris au sérieux et qu’ils ont réellement et sauvagement agressé et livré à la police et à la justice des personnes totalement étrangères au scénario du réalisateur.

Depuis plusieurs jours, enivrés par leur coup de force, roussins, matons et chats fourrés s’en donnent à cœur joie sur leurs victimes. Violences de toutes sortes, provocations, menaces, chantage pour leur faire inventer une histoire qui permettrait à leurs bourreaux de présenter une justification à leurs procédés criminels.

Comme par hasard, les encagoulés de noir qui ont envahi brutalement un domicile privé, y ont découvert des cagoules noires. Comme par hasard les bourres aux uniformes bien rembourrés ont découvert des gilets pare balles.

Et pour faire bonne mesure ces analphabètes ont découvert un objet qu’ils n’avaient jamais encore repéré : un livre. « L’insurrection qui vient… ». C’en était trop. Eux qui ne se sont jamais insurgés contre les pires vilenies, les plus abjects ordres de leurs supérieurs, dont la misérable lâcheté a été d’obéir à la loi, quelle qu’elle soit, se sont déchaînés contre ceux qui, debout, savent faire face, pour qui la résistance est une morale concrète, pour qui, dirait Albert Camus « la révolte, c’est la vie ».

L’histoire bégaie. Dans les années 1940, sous le règne du massacreur de Verdun, Laval et ses milices pratiquaient les agressions armées contre ceux qui ne « pensaient pas pareil ». Interdire ou brûler des livres, c’était de la saine propagande à la « Goebbels ». Arrêter ou brûler des hommes, était sans risque pour les bourreaux. Aujourd’hui, le « Laval » du chanoine du Latran s’installe à Vichy pour la chasse à l’étranger.

Aujourd’hui, l’étranger n’est pas seulement celui qui vient d’ailleurs, fuyant souvent la misère ou la persécution, c’est aussi le marginal, l’insolent qui vit en communauté, le squatter, le manifestant, l’anti- productiviste, l’anti-consumériste, l’anti- nucléaire, l’anti- conformiste, écoeuré par la Société du spectacle et la Finance reine, celui qui n’accepte pas un ordre fondé sur la loi de la jungle et le mépris des hommes.

Alors, qu’un comité de soutien aux incarcérés de Tarnac se mette en place, témoigne que le décervelage, la « Propaganda Staffel hitlérienne» du chanoine n’ont pas atteint et infecté tous les cerveaux. Qu’on voit entraver ce que Castoriadis appelait « La Montée de l’Insignifiance » par cet acte de résistance est un signe.

Mais ce n’est pas seulement pour défendre les personnes agressées, emprisonnées, interdites de parole et malmenées par les argousins à Tarnac que la résistance doit se poursuivre. Ce n’est pas seulement pour la liberté d ‘expression. C’est contre ce terrorisme d’Etat qui maltraite et aveugle, ce terrorisme du mensonge, de la peur, de la délation, de la « présomption de culpabilité ». Car alors, si la soumission, la lâcheté, la servitude inconsciente ou volontaire deviennent la règle , nous subirons malheureusement d’autres coups de « Tarnac ».


17 11 2008 Archibald Zurvan